Cette interview a été publiée dans l'Arlézine n°2.

L'Arlésienne est sortie de son bureau pour entamer un tour du monde et saluer ses différents auteurs. Direction les USA, à la rencontre de Colin Vettier.

Bonjour Colin ! Peux-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Colin et j’écris des histoires  : des films et des nouvelles.

Pour payer les factures, je travaille au service communauté d’un réseau social spécialisé dans les rencontres IRL.

Peux-tu nous parler un peu de tes écrits, notamment ceux publiés au sein de l'Arlésienne ?

J’écris principalement des satires un peu cruelles. Je me prends le monde qui nous entoure en pleine gueule, je le digère et je pousse les potards à 11. Je tords la réalité jusqu’aux frontières de la fiction, de l’outrance. Mais plus ça va, et plus les dystopies et les fictions perdent de leur aspect imaginaire. On se fout sur la gueule sur Facebook à propos d’articles qui n’ont aucun fondement, on est bombardé d’informations partisanes quand elles ne sont pas complètement fabriquées. Poser ça sur papier – littéralement, parce que je commence toujours par un brouillon écrit au stylo plume – ça me permet de canaliser un peu de ma frustration. C’est un peu ma façon de me protéger contre la surmédiatisation.

Je recommanderai plutôt de les lire. Faites-vous votre propre opinion et n’hésitez pas à laisser un commentaire pour que je sache ce que vous en avez pensé.

As-tu un genre de prédilection ?

En tant qu’auteur, c’est l’horreur sociale donc. Utiliser des faits divers, des situations réelles, et les pousser un peu plus loin. C’est tout l’intérêt de la fiction  : déformer, exagérer pour observer les limites, les failles de ce que nous considérons comme acquis ou comme une fatalité.

Je suis aussi un grand fan de cinéma d’horreur des années 60 à 90. Les films avec Vincent Price, Evil Dead, Street Trash, John Carpenter, Romero, etc.

Si j’ai beaucoup lu Stephen King, Clive Barker et quelques autres piliers de l’horreur, je suis maintenant plus attiré par des livres comme Exit West de Mohsin Hamid. Ceci dit, au final j’ai tendance à lire et regarder un peu tout. Ma curiosité m’empêche de me limiter à un genre.

Dans quelle ambiance, dans quel lieu écris-tu ?

Chez moi, avec un casque et de la musique. Quand j’étais au chômage j’ai aussi pas mal écrit dans une petit bibliothèque pas loin de chez moi.

Du moment que j’ai de la musique, je peux écrire. Ça me donne un rythme et ça coupe momentanément du monde extérieur.

Comment as-tu commencé l'écriture ? Par quel type de texte ?

J’ai toujours été attiré par la fiction, raconter des trucs. Peu importe le format.

Enfant, j’écrivais des histoires avec des héros dotés de super pouvoirs et des dinosaures. J’illustrai le tout avec des dessins au feutre.

Ados, comme beaucoup, je me suis penché sur la poésie. J’ai écris des cahiers entiers de très mauvais poèmes. Et j’ai continué pendant quelques années. Probablement jusqu’à ce que je m’aperçoivent que c’était terrifiant. Mais pas terrifiant comme un Stephen King, plutôt terrifiant de naïveté.

Et puis à la fac j’ai lentement dérivé vers l’écriture de nouvelles et de courts métrages. J’ai un master de droit, je ne sais pas si ça a contribué…

Quels sont tes modèles, les auteurs ou les livres qui t'ont inspiré ?

Boris Vian, Stephen King, Chuck Palahniuk, Max Barry… Ricky Gervais.

Quel est selon toi ton rôle, ta "mission" en tant qu'écrivain ?

A mon niveau, je pense que parler de mission serait un peu casse gueule. Les «  missions  » c’est plutôt un truc d’écrivain à succès. Ma mission à moi, elle se limite à écrire des histoires divertissantes et qui font un peu réfléchir.

Ceci étant, j’écris pour deux raisons  : la première par nécessité. Sans aller jusque dans la métaphore colorectale, c’est un sentiment d’avoir quelque chose à l’intérieur qui doit sortir. Si je n’écris pas, je me sens un peu merdeux.

Lorsque j’écris des scénarios, c’est un peu différent. Je le fais surtout pour le plaisir de travailler avec un réalisateur ou un coscénariste. Écrire un nouvelle ou un roman, c’est quelque chose de très solitaire. Alors qu’écrire un scénario – tout au moins dans mon cas – c’est collaborer et c’est tout de suite beaucoup plus agréable. Plus dynamique.

Globalement, l’écriture a surtout un aspect cathartique.

Si j’écrivais des best-sellers, je dirais que j’écris pour encourager mes lecteurs à ouvrir les yeux. A réagir. Mais sans pour autant donner des leçons  : la mission numéro 1 d’une bonne histoire, c’est de divertir.   Si tu fais chier tes lecteurs en racontant un truc important, c’est peut-être que la fiction c’était pas le bon créneau.

L'écriture te suffit-elle, ou pratiques-tu d'autres arts ?

Je dessine beaucoup, à main levée. Des visages dans le métro, les chiens de mes collègues, et quelques scènes inspirées de mon quotidien.

Si tu ne devais en retenir qu'un, quel livre garderais-tu ?

Je n’ai jamais lu un livre de fiction plus d’une fois. Donc si je ne devais en garder qu’un, ce serait un livre que je n’ai jamais lu.

Hors des livres de fiction, je pense que ce serait soit un bouquin de recettes de cuisines soit Save the Cat de Blake Snyder.

Quel est ton moment le plus fort en tant qu'auteur ?

Celui où je note des idées sur un carnet. Là, tout est possible. Quand tu arrêtes les notes et que tu commence à écrire, tu donnes vie, et tu limites les possibles à mesure que tu développe ton histoire.

As-tu de nouveaux projets littéraires ?

J’ai quelques nouvelles qui mériteraient d’être peaufinées. Une nouvelle que je pense être finie et que je vais soumettre prochainement à l’Arlesienne. Et un projet de science fiction – un roman court ou une nouvelle longue.

Souhaite-tu laisser un petit mot à tes lecteurs et lectrices ?

Pensez à vous hydrater quand il fait chaud. Couvrez-vous quand il fait froid. Et consommez local.

Retrouvez les livres de Colin Vettier sur :

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